CE FORMIDABLE BORDEL !

Dans le roman Le Solitaire, un homme hérite d’une importante somme d’argent. Il s’arrête de travailler. Il s’achète un appartement. Il se met à boire. Il s’ennuie. Il mène alors une longue introspection sur lui-même. Il passe en revue son passé vide de sens, son présent, l’avenir de sa condition. Devenu le personnage dans Ce Formidable Bordel !, il est réduit à un rôle passif et quasiment muet. L’argument est le même, mais c’est un monde qui se lie à lui et tous ceux qui le peuplent. Une histoire d’amour, un blessé, des voisins trop bavards. Ni la révolution sanglante qui sévit pour occuper les rues, ni le temps qui s’accélère «absurdement» à en perdre haleine, ne peuvent arrêter ce monde en folie, bien décidé à parler jusqu’au bout. Ainsi, d’une réflexion intime et quasi «pascalienne» sur l’existence, dans le roman, le théâtre multiplie les points de vues afin qu’il y ait davantage une «histoire». Où il n’y a plus de narrateur, plus une seule histoire, mais des histoires inoubliables où le personnage est le spectateur du monde.