NOUVELLES DU CHILI – 2

LA CISTERNA – SANTIAGO – CHILI

03.02.16

Chèr(e)s humain(e)s de l’autre bout du monde  bonjour ! Voici quelques nouvelles fraiches de notre périple (intérieur tambien) en terre chilienne. La Messonne a énormément évolué depuis notre dernier mail, nous avons peaufiné les travaux et installations internes de la maison pour pouvoir profiter au mieux de ce lieu magique dans lequel nous avons été accueillis, ainsi que l’aménagement du jardin afin de recevoir le plus généreusement et respectueusement possible spectateurs, voisins, connaissances ou tout autre volontaire au partage.Commençons par l’intérieur : nous avons fait l’investissemnt de nouveaux équipements de cuisine (frigo, congelo, poêles…) car l’art de la table n’est jamais à négliger, amélioré les systèmes d’ouvertures de portes, les systèmes électriques et surtout de notre mode de vie en collectivité. Tout comme le réseau électrique nous devons nous baser sur des modèles passés, voir archaïques au faible jus pour nous connecter à de nouveaux circuits à la puissance plus massive sans pour autant détruire les anciens compteurs. Pas simple de ne pas faire sauter les plombs ou éviter le coup de jus. Mais à présent le minimum nécessaire est bien là. A l’image de l’énergie que nous dépensons dans ce lieu, nous sommes passés du bas débit au haut débit.
Puis l’extérieur. Une fois le déblayage effectué, nous sommes enfin passés aux choses sérieuses, aux gros œuvres ! La construction d’un théâtre extérieur. Je conseille à n’importe lequel d’entre vous de s’adonner à ça un jour : construire un théâtre avec une dizaine d’amis (une famille choisie) à l’autre bout du monde. Sous l’oeil avisé de notre ami, notre frère, notre bout famille qu’est Xavier Lescat, nous avons en quelques jours pu faire l’inimaginable. Nous avons égalisé le terrain, abattu des pilonnes de béton, déraciné des plantes (afin de les replanter plus loin) et construit un gradin (dit « Le Gradin Lescat ») avec plus de 300 palettes et une capacité d’accueil maximale d’environ 170 personnes. Nous n’en sommes pas peu fiers. Décharger un camion de plus de 300 palettes à 9h du matin en plein cœur de Santiago pour en faire un lieu de rencontres, ça c’est une aventure. Nous avons dans la foulée consolidé notre bar extérieur et construit grâce au Superman (des mains et du coeur) chilien répondant au nom d’Ivan, des toilettes sèches d’une classe folle. Passer son temps aux toilettes n’aura jamais été aussi agréable. On vous jure qu’on est sérieux.

La communion dans la création. Nous avons donné naissance ensemble à une oeuvre et à des capacités que nous ne nous connaissions pas. Nous grandissons, évoluons, nous métamorphosons. Une semaine en vaut 3, un jour en vaut 15, une heure en vaut 24 et les secondes n’en parlons pas… Assez parlé du visible, passons au non-visible, tout aussi primordial si ce n’est plus que le matériel. Grâce à l’ami Coco (Cosme) Castro, nous avons créé en quelques jours une pièce intitulée « El Kabaret de la ultima esperanza » (« Le kabaret de la dernière chance »), une pièce d’Oscar Castro que nous avions déjà jouée à Ivry l’année passée. Cependant, la création de cette merveille de pièce a pris une envergure hallucinante. Le fait de jouer en espagnol avec des Etres de l’autre bout du monde a été une (re)découverte des arts que nous pratiquons. Le sensible et l’intangible se sont emparés de nous pour nous réunir autour de l’acte du don et de l’échange que peuvent être le théâtre, la danse et la musique.

Un grand feu de joie, d’une violence tendre a embrasé le coeur de chacun ce 27 janvier au 7425 Eulogio Altamirano à la Cisterna, Santiago. Ah mes ami(e)s, nos chants, nos paroles, nos gestes ont été aspirés par les rayons d’une lune quasi pleine et vous ont été renvoyés (tout du moins on ose l’espérer) par le vent qui ces derniers temps vous embrasse le cou. Qu’est qu’on a pu penser à vous !!! Vous étiez avec nous, c’est sûr et ça que vous le vouliez ou non !!!!
Cependant, après des images, des sentiments, des rencontres marqués aux fers rouges en chacun de nos coeurs, le Jackie Pall-Theater Group s’est interrogé sur sa venue au Chili et si le deal passé avec lui-même était tenu… Du point de vue de la création matérielle et artistique, il se pourrait que oui ; des rencontres avec la population (histoire du « pour, par et avec »), il se pourrait que oui ; mais pour ce qui est de la cohabitation humaine et artistique avec le Théâtre Aleph Chili, il semblerait que non.

Alors sans perdre plus de temps, nous avons pris le choix du mouvement, de la liberté (de paroles et d’actes). Et avec allégresse et légèreté nous avons avons déménagé dans un collège vide à l’occasion des vacances. Nous avons pris nos marques dans un énorme réfectoire. Chacun son installation, sa cabane. Des sales gosses de retour à l’école, nous sommes le mensonge de l’éducation nationale. Nous avons tous des parcours plus que singuliers et pour la plupart cela s’est dessiné durant nos années scolaires. Ah si nos professeurs nous voyaient si heureux et libres d’investir comme nous l’entendons ce collège, certains en boufferaient leurs cravates et/ou en iraient jusqu’à la crise cardiaque.
Comme quoi tout est possible.
Pour nous remettre de nos émotions et voir différentes facettes de ce pays lointain qu’est le Chili, nous avons pris 2 jours pour rencontrer Valparaiso. Ça a été une claque ! Les anges veillant sur nous, nous avons eu la chance et le privilège de multiplier les rencontres avec des Êtres, des lieux, des arts, des couleurs et des vues indescriptibles. Alors nous allons nous en arrêter là pour Valparaiso et essaierons plus tard de vous transmettre ce ressenti exceptionnel qui est apparu en chacun de nous. Mais quelle claque, putain quelle claque !!! 

De retour à Santiago, nous avions rendez-vous au Teatro Camino (théâtre de rêve, théâtre de nos rêves situé en plein coeur de la communauté écologique de Penalolen) tenu par le grand Hector Noguerra et suite à cette rencontre ce qui à la base était 2 semaines de recherches fin février, s’est métamorphosé en une résidence de un mois complet… Nous sommes heureux. Heureux comme des gosses. Les Anges, vos bonnes ondes font que nous avons le cul bordé de nouilles. Nous sommes des enfants pourris gâtés du destin (même si pour être fanc nous travaillons chaque seconde à être nos propres maîtres). Nous sommes heureux, chanceux et travaillons à/et pour cela.
Alors maintenant place au travail, aux jeux, aux échanges, à l’imagination, aux créations et à l’inconnu.
La seule chose qui ne nous est pas inconnue est que nous vous portons en nous et vous aimons.
Merci à vous pour tout.
Avec tout ce que nous avons de meilleur, nous vous embrassons et vous étreignons aussi fort que nous vous aimons.
Le Jackie Pall – Theater Group
PS : Nous savons que les mots sont forts.
PS bis : Se priver d’amour serait inhumain et anti-dogmatique pour le Jackie Pall – Theater Group, nos (re)cherches et nos désirs se portent sur l’art mais aussi et surtout la Vie. Il est question pour nous de (re)créer, (ré)inventer, (ré)imaginer des lieux, des espaces et des liens de Culture(s) et de Vie(s).

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